La photographie aérienne est une technique de prise de vue du sol depuis une certaine altitude. La photographie aérienne permet d’obtenir des clichés avec une vue d’ensemble d’un sujet, qu’il s’agisse d’un monument ou d’un terrain.
Les besoins en photographie aérienne
La photographie aérienne permet donc d’obtenir des images vu du ciel de n’importe quelle zone à terre. Ce qui cette technique de prise de vue particulièrement intéressante pour de nombreuses applications comme :
- la cartographie
- le renseignement militaire
- l’archéologie
- la photographie documentaire
Cartographie
Jusqu’Ă rĂ©cemment, la photographie aĂ©rienne constituait la principale source pour les cartes dĂ©taillĂ©es modernes. Cette mĂ©thode vient maintenant d’ĂŞtre enrichie par des images spatiales de haute rĂ©solution (avec des pixels de moins d’un mètre, parfois jusqu’Ă environ 40 cm), rĂ©cemment disponibles pour des usages civils. L’objectif est de couvrir de larges Ă©tendues de territoire avec des prises de vue axiales verticales. Ces images sont souvent traitĂ©es par photogrammĂ©trie, une technique qui permet de crĂ©er des bases de donnĂ©es gĂ©ographiques et des cartes. Elles sont Ă©galement utilisĂ©es pour produire des orthophotographies après ortho-rectification et mosaĂŻquage, devenant ainsi des Ă©lĂ©ments clĂ©s dans les systèmes d’information gĂ©ographique (SIG).
Historiquement, les photographies aĂ©riennes Ă©taient principalement en noir et blanc, la couleur ne devenant courante qu’Ă partir des annĂ©es 1990. Cette Ă©volution a permis d’accentuer les contrastes pour faciliter l’interprĂ©tation photogrammĂ©trique tout en produisant des orthophotographies plus agrĂ©ables visuellement. Actuellement, l’utilisation croissante de camĂ©ras aĂ©riennes numĂ©riques permet des captures sur quatre canaux (rouge, vert, bleu, et proche infrarouge). Le canal infrarouge est particulièrement utile pour Ă©valuer la santĂ© de la vĂ©gĂ©tation et est largement utilisĂ© en urbanisme pour la gestion des arbres, en plus de ses applications traditionnelles en agronomie et en foresterie.
Pour ces missions, les avions sont spĂ©cialement Ă©quipĂ©s, dotĂ©s de hublots dĂ©diĂ©s dans le plancher pour les appareils photographiques. Un pilotage prĂ©cis est crucial pour maintenir une altitude constante et une trajectoire rectiligne, tâche dĂ©sormais facilitĂ©e par le GPS. En France, l’Institut national de l’information gĂ©ographique et forestière (IGN) a pour mission de photographier tout le pays sur un cycle de cinq ans. En parallèle, de nombreuses entreprises privĂ©es sont Ă©galement Ă©quipĂ©es pour de tels projets, avec une clientèle principalement issue des collectivitĂ©s territoriales.
Un défi croissant pour la photographie aérienne est la congestion du ciel due au trafic aérien commercial, rendant particulièrement complexe le survol de certaines grandes villes pour des raisons de sécurité.
En Belgique, la ville de Bruxelles offre une application nommée BruCiel, permettant de visualiser et de comparer des photographies aériennes de la ville sur deux périodes distinctes, couvrant du 20e au 21e siècle.
Renseignement militaire
Dans le domaine du renseignement militaire, oĂą les opĂ©rations se dĂ©roulent souvent au-dessus de territoires hostiles, la prioritĂ© est que l’aĂ©ronef revienne intact de sa mission. Pour cela, deux stratĂ©gies principales sont adoptĂ©es : voler Ă basse altitude Ă grande vitesse ou Ă très haute altitude. Selon la stratĂ©gie choisie, l’Ă©quipement photographique doit ĂŞtre adaptĂ© en consĂ©quence, soit pour capturer des images nettes Ă basse altitude oĂą le paysage se dĂ©place rapidement, soit pour saisir des dĂ©tails prĂ©cis en haute altitude, nĂ©cessitant l’usage de tĂ©lĂ©objectifs Ă longue focale.
Durant la Guerre froide, les États-Unis ont dĂ©veloppĂ© des avions spĂ©cifiques pour la reconnaissance, tels que le U-2 et le SR-71 Blackbird. D’autres pays ont adaptĂ© leurs avions de chasse pour des missions de reconnaissance. En France, par exemple, des versions de reconnaissance du Mirage III (Mirage IIIR), du Mirage F1CR, du Mirage 2000R, et mĂŞme du Mirage IVP (initialement conçu pour le transport de l’arme nuclĂ©aire) ont Ă©tĂ© utilisĂ©es. Ces avions peuvent atteindre des vitesses supĂ©rieures Ă Mach 2 et voler Ă des altitudes dĂ©passant 50 000 pieds (15,2 kilomètres).
Parallèlement, les satellites d’observation militaire ont commencĂ© Ă concurrencer la photographie aĂ©rienne, offrant des rĂ©solutions de plus en plus prĂ©cises.
L’utilisation des drones s’est Ă©galement intensifiĂ©e, rĂ©duisant les risques pour les pilotes humains. La transmission en temps rĂ©el des images et des vidĂ©os par radio permet d’obtenir des renseignements instantanĂ©s.
En France, la pratique de la photographie aĂ©rienne civile est rĂ©glementĂ©e et nĂ©cessite une licence dĂ©livrĂ©e par le Ministère de l’IntĂ©rieur. Depuis 1993, le pays dĂ©finit Ă©galement une liste de zones interdites Ă la prise de vue aĂ©rienne, comprenant principalement des installations militaires, stratĂ©giques et pĂ©nitentiaires. Cette liste, classifiĂ©e Confidentiel DĂ©fense jusqu’en janvier 2017, est publiĂ©e annuellement dans le Journal officiel et est rĂ©gulièrement mise Ă jour.
Archéologie
En 1925, en Syrie, l’archĂ©ologie aĂ©rienne a pris son envol grâce Ă l’observation perspicace d’Antoine Poidebard, un observateur aĂ©ronautique. Il a remarquĂ© que, sous l’effet de la lumière rasante du soleil couchant, de subtiles variations du relief du sol devenaient visibles, rĂ©vĂ©lant des structures jusqu’alors inaperçues.
En Europe, les archĂ©ologues aĂ©riens utilisent divers signes pour dĂ©tecter des sites anciens. Les variations de couleur dans les champs peuvent indiquer la prĂ©sence de fossĂ©s ou de trous de pieux, tandis que les anomalies dans les formes de relief ou les diffĂ©rences de tempĂ©rature affectant la neige ou le givre rĂ©vèlent d’autres indices. Ces techniques permettent de localiser des sites historiques enfouis.
En France, des personnalitĂ©s telles que Jacques DassiĂ© et Roger Agache sont reconnues pour leur contribution Ă l’archĂ©ologie aĂ©rienne. Dans la rĂ©gion Provence-Alpes-CĂ´te d’Azur, Louis Monguilan, un pilote-instructeur militaire d’hĂ©licoptère, a commencĂ© dans les annĂ©es 1970 Ă survoler des sites antiques, identifiant des villas, des norias, des voies romaines, entre autres. Il a dĂ©veloppĂ© une typologie des conditions favorables Ă la dĂ©tection de structures enfouies, telles que les stades de vĂ©gĂ©tation, l’hygromĂ©trie, et les conditions de lumière. Toujours en Provence, Marc Heller, pilote et ingĂ©nieur en patrimoine, en collaboration avec les photographes Christian Hussy et Michel Olive du Service rĂ©gional de l’ArchĂ©ologie, mène des recherches et des prospections archĂ©ologiques aĂ©riennes, ainsi que le suivi des fouilles.
Les Ă©quipements et techniques utilisĂ©s en archĂ©ologie aĂ©rienne sont similaires Ă ceux de la photographie documentaire. Lorsqu’il s’agit de couvrir de vastes zones, les archĂ©ologues prĂ©fèrent souvent utiliser des avions ou des ULM pour leur confort et leur vitesse. Pour le suivi des fouilles archĂ©ologiques, la technique de photo cervolisme (photographie aĂ©rienne par cerf-volant) est particulièrement utile. Elle permet d’obtenir des vues d’ensemble, qu’elles soient verticales ou obliques, ainsi que des images dĂ©taillĂ©es de structures spĂ©cifiques.
Photographie documentaire
Des entreprises et des institutions gouvernementales sollicitent fréquemment des clichés aériens pour des objectifs variés, allant de la promotion publicitaire à des études prospectives. Ces photographies peuvent inclure des images de structures industrielles, de monuments historiques, de zones urbaines ou de paysages naturels.
Les États-Unis, avec leurs vastes territoires et leurs constructions distinctives, se prĂŞtent particulièrement bien Ă ce genre de photographie aĂ©rienne. L’intĂ©rĂŞt pour cette forme d’art a Ă©tĂ© particulièrement stimulĂ© par John Brinckerhoff Jackson, un gĂ©ographe qui a publiĂ© le premier atlas aĂ©rien du territoire amĂ©ricain dans sa revue “Landscape”, hĂ©ritant ainsi de l’approche de la gĂ©ographie humaine française.
L’Ĺ“uvre d’Alex S. Maclean est un exemple notable de ce croisement entre documentation gĂ©ographique et esthĂ©tique documentaire. Il allie des fins commerciales et juridiques Ă un sens artistique aigu dans ses vues aĂ©riennes. Aux États-Unis toujours, l’artiste Ed Rusha a utilisĂ© la photographie aĂ©rienne pour crĂ©er un livre d’art contemporain en 1967, se rĂ©appropriant des images aĂ©riennes de parkings de Art Alanis. De mĂŞme, l’ouvrage “La Terre vue du ciel” de Yann Arthus-Bertrand reprĂ©sente une approche artistique de la photographie aĂ©rienne.
Techniquement, ces Ĺ“uvres relèvent principalement de la photographie oblique Ă basse altitude. Les appareils utilisĂ©s varient, mais ils partagent des caractĂ©ristiques communes comme un objectif performant et un temps de pose très court. Les moyens de vol sont Ă©galement diversifiĂ©s : avions lĂ©gers, hĂ©licoptères, ULM, paramoteurs, et mĂŞme des ballons captifs ou des cerfs-volants, surtout dans des rĂ©gions avec des infrastructures aĂ©ronautiques limitĂ©es. Les ballons captifs offrent l’avantage de la stabilitĂ©, permettant des temps de pose plus longs, bien que leur altitude maximale soit restreinte Ă 150 mètres. Pour des prises de vue encore plus proches du sol, un mât tĂ©lescopique pneumatique peut ĂŞtre employĂ©.
Types de photographies aériennes
Photographie oblique
La photographie oblique se divise en deux sous-catĂ©gories : oblique basse et oblique haute. Dans l’oblique basse, l’angle de prise de vue est relativement faible, offrant une perspective qui inclut Ă la fois le sol et l’horizon. Cette mĂ©thode est souvent utilisĂ©e pour donner un aperçu plus naturel et facilement interprĂ©table du paysage, combinant des Ă©lĂ©ments Ă la fois aĂ©riens et terrestres. Elle est particulièrement apprĂ©ciĂ©e en architecture, en urbanisme et pour la documentation des sites historiques, car elle permet de saisir Ă la fois la structure et son environnement immĂ©diat.
L’oblique haute, quant Ă elle, implique un angle de prise de vue plus Ă©levĂ©, Ă©liminant l’horizon et mettant l’accent sur une plus grande Ă©tendue du sol. Cette approche est utile pour visualiser de grandes zones, comme des Ă©tendues urbaines ou des parcs naturels. Bien que fournissant moins de dĂ©tails sur les structures individuelles, elle est excellente pour comprendre le contexte et la disposition gĂ©nĂ©rale d’une rĂ©gion.
Photographie verticale
La photographie verticale est caractĂ©risĂ©e par des images prises directement au-dessus du sujet. Cette technique est fondamentale en cartographie et en gĂ©ographie, car elle produit des images prĂ©cises et Ă l’Ă©chelle qui peuvent ĂŞtre utilisĂ©es pour crĂ©er des cartes dĂ©taillĂ©es et des modèles topographiques. Les photographies verticales sont particulièrement prĂ©cieuses pour leur exactitude gĂ©omĂ©trique, ce qui permet de mesurer des distances et des surfaces avec une grande prĂ©cision.
En plus des applications cartographiques, la photographie verticale est largement utilisĂ©e dans les Ă©tudes de l’utilisation des terres et de l’urbanisme. Les chercheurs et les planificateurs utilisent ces images pour surveiller les changements dans l’environnement urbain et naturel, Ă©tudier l’Ă©volution des paysages et planifier de nouveaux dĂ©veloppements ou des mesures de conservation.
Photogrammétrie
La photogrammĂ©trie implique l’utilisation de photographies aĂ©riennes pour mesurer et interprĂ©ter des caractĂ©ristiques du paysage. C’est une mĂ©thode clĂ© en cartographie, car elle permet de crĂ©er des cartes prĂ©cises et des modèles en 3D du terrain. Les images photogrammĂ©triques peuvent ĂŞtre utilisĂ©es pour mesurer des distances, des hauteurs, des profondeurs, et pour identifier des caractĂ©ristiques topographiques spĂ©cifiques.
Au-delĂ de la cartographie, la photogrammĂ©trie trouve des applications dans des domaines tels que l’urbanisme, l’archĂ©ologie et l’ingĂ©nierie. En urbanisme, elle aide Ă la planification et Ă la gestion des espaces urbains. En archĂ©ologie, elle est utilisĂ©e pour cartographier et documenter des sites historiques. En ingĂ©nierie, la photogrammĂ©trie est essentielle pour la conception de grands projets d’infrastructure, offrant une comprĂ©hension dĂ©taillĂ©e du terrain et de l’environnement.
Photographie infrarouge
La photographie infrarouge utilise des capteurs spĂ©ciaux pour capturer des images basĂ©es sur la chaleur ou la lumière infrarouge rĂ©flĂ©chie, qui est invisible Ă l’Ĺ“il nu. Cette technologie est particulièrement utile dans l’agriculture pour surveiller la santĂ© des cultures et identifier les zones nĂ©cessitant une attention particulière. Les images infrarouges peuvent rĂ©vĂ©ler des informations sur l’humiditĂ© du sol, la prĂ©sence de maladies des plantes, et l’efficacitĂ© de l’irrigation.
En foresterie, la photographie infrarouge aide Ă surveiller la santĂ© des forĂŞts et Ă dĂ©tecter les dĂ©buts d’incendies. Dans les Ă©tudes environnementales, elle est utilisĂ©e pour analyser les Ă©cosystèmes, surveiller les changements dans les habitats naturels et Ă©valuer les impacts des activitĂ©s humaines. En raison de sa capacitĂ© Ă dĂ©tecter des variations subtiles de tempĂ©rature et de rayonnement, la photographie infrarouge est un outil prĂ©cieux pour une variĂ©tĂ© d’applications de recherche et de gestion des ressources naturelles.
Photographie satellite
La photographie satellite est rĂ©alisĂ©e depuis des satellites orbitant autour de la Terre, offrant une perspective unique et de grande envergure. Ces images sont cruciales en mĂ©tĂ©orologie pour suivre les conditions mĂ©tĂ©orologiques et prĂ©voir les phĂ©nomènes climatiques. En cartographie, elles permettent de crĂ©er des cartes Ă grande Ă©chelle et de surveiller les changements Ă l’Ă©chelle planĂ©taire, comme la dĂ©forestation, l’urbanisation, et le recul des glaciers.
Les photographies satellites sont Ă©galement utilisĂ©es dans la surveillance environnementale et la gestion des catastrophes. Elles aident Ă Ă©valuer l’Ă©tendue des inondations, des feux de forĂŞt, et d’autres catastrophes naturelles, facilitant les efforts de secours et de planification. En outre, ces images sont essentielles pour la recherche spatiale et l’exploration, offrant des vues dĂ©taillĂ©es d’autres planètes et lunes dans notre système solaire.
Photographie par drone
La photographie par drone a gagnĂ© en popularitĂ© grâce Ă sa flexibilitĂ© et sa capacitĂ© Ă capturer des images de zones difficiles d’accès. Dans le domaine de la construction, les drones sont utilisĂ©s pour surveiller les progrès des projets, inspecter les structures et identifier les problèmes potentiels. En immobilier, les images aĂ©riennes prises par drone offrent une vue impressionnante des propriĂ©tĂ©s, amĂ©liorant les prĂ©sentations et les ventes.
Les drones sont également utilisés dans les médias pour capturer des images dynamiques pour des reportages, des documentaires et des productions cinématographiques. De plus, dans les efforts de conservation et de recherche environnementale, les drones permettent de surveiller les habitats fauniques, de cartographier les terres et de suivre les changements environnementaux sans perturber les écosystèmes.
Photographie historique
La photographie historique aĂ©rienne est une fenĂŞtre sur le passĂ©, offrant des perspectives uniques sur l’Ă©volution des paysages urbains et naturels au fil du temps. Ces images sont inestimables pour les historiens, les urbanistes et les Ă©cologistes, leur permettant d’Ă©tudier les changements dans les modes de vie, l’architecture et les Ă©cosystèmes.
Elle est également utilisée pour la préservation du patrimoine, aidant à restaurer et à maintenir des sites historiques. Les photographies historiques aériennes peuvent révéler des informations sur les anciennes pratiques agricoles, les schémas de développement urbain, et les impacts environnementaux des activités humaines au fil des décennies.
Photographie panoramique
La photographie panoramique aérienne capture de larges vues de paysages, offrant une perspective étendue qui est difficile à réaliser avec des photographies traditionnelles. Cette méthode est idéale pour capturer la beauté et la grandeur de vastes zones naturelles, comme les chaînes de montagnes, les vallées et les littoraux.
En milieu urbain, elle permet de saisir l’Ă©tendue et la complexitĂ© des grandes mĂ©tropoles, offrant une vision globale de l’organisation et de l’esthĂ©tique de la ville. Les photographies panoramiques sont souvent utilisĂ©es dans le tourisme, l’Ă©ducation et les publications, fournissant des images impressionnantes et informatives de divers environnements.
Histoire de la photographie aérienne
Il faut remonter en 1858 pour voir apparaître la première photographie aérienne. C’est à Félix Nadar, photographe et aérostier que l’on doit ce premier cliché du Petit-Bicêtre que l’on connaît actuellement sous le nom de Petit Clamart. Pour réaliser cette photographie, Félix Nadar dû utiliser un ballon captif.
En 1888, soit 30 années plus tard, ce n’est pas un ballon captif mais un cerf-volant qui a été utilisé pour réaliser une photographie aérienne et c’est à Arthur Batut qu’on la doit. Émile Wenz perfectionne le système trop tributaire des mouvements du cerf-volant. A la suite de cette technique, d’autres systèmes apparaissent : déclenchement par fil, chariot pour monter la nacelle photo, etc.
Ce n’est qu’à partir du XXe siècle que la photographie aĂ©rienne prend son envole grâce Ă son appropriation par l’armĂ©e. Elle dĂ©couvre le potentiel stratĂ©gique de l’aĂ©rophotomĂ©trie, combinant habilement la photographie et l’aĂ©rostation pour des cartographies express.
La Première Guerre mondiale marque un tournant majeur pour la photographie aĂ©rienne, propulsĂ©e par la fusion innovante des ballons d’observation et des avions, rĂ©pondant aux exigences croissantes du renseignement militaire. Durant cette Ă©poque, Julius Neubronner rĂ©volutionne avec ses pigeons photographes. Toutefois, cette technique s’essouffle après-guerre, ne survivant que marginalement dans les annĂ©es 1930. C’est en 1925 que le premier clichĂ© photogrammĂ©trique fait son apparition, ouvrant un nouveau champ d’application.
La Seconde Guerre mondiale impulse ensuite une expansion massive de la photographie aérienne, toujours stimulée par les besoins militaires.
En 1946, la photographie franchit un nouveau cap avec la première image spatiale capturĂ©e par une fusĂ©e V2 Ă 130 kilomètres d’altitude. Cette avancĂ©e, prĂ©curseur de l’ère des satellites dĂ©diĂ©s, enrichit plutĂ´t que remplace la photographie aĂ©rienne, notamment dans le domaine de l’espionnage militaire.
Différences entre la photographie aérienne et l’imagerie satellitaire
La photographie aĂ©rienne et l’imagerie satellitaire sont deux mĂ©thodes distinctes de capture d’images de la Terre depuis les airs, chacune ayant ses propres caractĂ©ristiques, avantages et limites.
1. Altitude de capture
Photographie aĂ©rienne : Elle est gĂ©nĂ©ralement prise Ă une altitude plus basse, depuis des avions, des hĂ©licoptères, des drones, ou mĂŞme des ballons. Cette proximitĂ© avec le sujet permet une rĂ©solution d’image plus Ă©levĂ©e et des dĂ©tails plus fins.
Imagerie satellitaire : Elle est capturée depuis des satellites en orbite autour de la Terre, souvent à des altitudes de plusieurs centaines voire de milliers de kilomètres. Cette grande distance peut parfois réduire la résolution et les détails des images.
2. Résolution et détails
Photographie aérienne : Elle offre généralement une meilleure résolution, ce qui permet de voir des détails plus fins. Les images aériennes peuvent révéler des caractéristiques telles que les types de végétation, les petites structures et même les marques au sol.
Imagerie satellitaire : Bien que les technologies satellitaires modernes puissent offrir une résolution élevée, elles sont généralement moins détaillées que la photographie aérienne. Cependant, les satellites peuvent capter des images de vastes zones, ce qui est difficile à réaliser avec la photographie aérienne.
3. Couverture et fréquence
Photographie aérienne : Elle est souvent utilisée pour des projets spécifiques sur des zones ciblées et peut ne pas être régulièrement mise à jour. Sa couverture est limitée à des zones spécifiques à chaque vol.
Imagerie satellitaire : Les satellites peuvent couvrir de plus grandes étendues de la surface terrestre et offrent la possibilité de capturer des images de la même zone fréquemment, permettant de suivre les changements au fil du temps.
4. Applications
Photographie aĂ©rienne : Elle est idĂ©ale pour des applications prĂ©cises comme la cartographie dĂ©taillĂ©e, l’urbanisme, l’Ă©tude de sites spĂ©cifiques, la surveillance de l’environnement et l’agriculture de prĂ©cision.
Imagerie satellitaire : Elle est utilisĂ©e pour la surveillance Ă grande Ă©chelle, la mĂ©tĂ©orologie, l’Ă©tude des changements climatiques, la cartographie Ă grande Ă©chelle, et la surveillance des ressources naturelles.
5. Conditions météorologiques et atmosphériques
Photographie aérienne : Elle peut être plus affectée par les conditions météorologiques et atmosphériques locales. La présence de nuages, de brume ou de pollution peut limiter la qualité des images.
Imagerie satellitaire : Bien que les conditions atmosphĂ©riques puissent aussi affecter l’imagerie satellitaire, certains satellites sont Ă©quipĂ©s pour capturer des images dans diffĂ©rentes longueurs d’onde (comme l’infrarouge) qui peuvent pĂ©nĂ©trer les nuages ou d’autres obstacles atmosphĂ©riques.